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Antoine Dodeller, un Ironman pour mettre en avant la protection des mers et océans

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Antoine Dodeller, jeune sportif originaire de Cannes, a vu la belle nature de son enfance progressivement se dégrader. Désormais, ses majestueuses calanques ne sont plus des joyaux préservés mais entachés par des tonnes de plastiques. C’est de cette catastrophe écologique qu’il a voulu parler, en embarquant son père pour un défi sportif dans le but de sensibiliser un maximum de personnes à la cause : l’Ironman de Nice, le 26 juin prochain.

3.8 km de nage, 180.2 km de vélo et 42.2 km de course à pied pour parler d’un sujet trop peu évoqué. Entretien avec Antoine Dodeller.

Antoine, pouvez-vous vous présenter ?

Antoine Dodeller : Je suis originaire de Cannes et j’arrive à la fin de mes études. J’ai d’abord effectué une école d’ingénieurs en Bretagne puis une école de commerce. Je vais rentrer dans la vie active dans quelques mois. Seulement, j’avais envie de me laisser quelques mois avant cette nouvelle vie. Je souhaitais en effet lancer un défi à mon père. Nous sommes tous les deux des grands cyclistes, j’ai donc pensé à participer à l’Ironman de Nice. Au début, il a été un petit peu réticent. Puis je lui ai parlé de mon projet d’y associer un enjeu environnemental. C’est cette cause, qu’il trouvait particulièrement noble, qui l’a motivé.

Pouvez-vous nous présenter ce projet ?

Antoine Dodeller : C’est avant tout un projet familial. J’ai lancé un défi à mon père, car il a 53 ans. C’est un objectif de famille avant que je sois pris dans la tourmente parisienne ! Le projet environnemental provient d’un rapprochement avec une association marseillaise qui dépollue les plages azuréennes et qui sensibilise les jeunes sur la fragilité du milieu marin : Clean My Calanques. C’est une cause qui nous a particulièrement touchés. J’habite à Cannes et tous les étés, nous avons la chance de profiter des Calanques. Nous avons donc observé à l’œil nu la dégradation de ce paysage. Réaliser un Ironman c’est quelque chose qui est peu commun, on s’est donc dit qu’on allait le lier à une cause qui est trop peu médiatisée : la pollution en mer. On a associé les deux éléments en se disant que le défi sportif allait apporter une visibilité à la cause environnementale. Le projet, c’est donc à la fois réussir à terminer l’Iron Man et à créer cette levée de fonds.

D’où vient cette appétence pour le sport ?

Antoine Dodeller : C’est mon père qui m’a initié au vélo. Il roule depuis une trentaine d’années. Je faisais d’autres sports mais le cyclisme à une place particulière. Je suis arrivé dans le club de Mandelieu, j’ai multiplié les entrainements, réalisé plusieurs courses, aux niveaux régional et national. Au début de mes études j’ai plus ou moins pris de la distance avec tout cela et le sport en général. Puisque j’arrive à la fin de mes études, je voulais renouer avec mon passé. Mon père a également une bonne condition physique et pourra réaliser l’Ironman. En tout cas nous ne partons pas de zéro, on se lance ce défi qui est atteignable.

Vous avez donc mis en place un entraînement sportif ?

Antoine Dodeller : Avant on pratiquait pour le plaisir, c’est toujours le cas aujourd’hui, mais nous avons un objectif derrière. Nous sommes à 15h par semaine, avec à peu près 10h de vélo, 3h de course à pied et 2h de natation.

D’où provient votre sensibilité écologique ?

Antoine Dodeller : Je vis du côté de la mer depuis tout petit. Cela étant, à chaque vacances je voyais ce milieu naturel qui se dégradait : de plus en plus de plastique sur les plages, de mégots dans le sable ; ça me touchait de voir ces paysages se dégrader. C’est une région plutôt touristique qui plus est. La deuxième raison, c’est mon école d’ingénieur, qui est une école tournée vers les enjeux marins. J’ai donc eu des conférences sur le sujet. Elles m’ont fait ouvrir les yeux sur les dérives maritimes, les dérives de la pêche, elles m’ont éduqué sur ces enjeux. J’ai pris état de ce qu’il se passait.

Pourquoi avoir choisi l’association Clean My Calanques ?

Antoine Dodeller : J’ai eu un très bon feeling avec Éric, le président de l’association. C’est un ancien militaire, qui habite à Marseille et qui faisait ses joggings sur le bord des Calanques. Un jour, lors d’un running, il s’est rendu compte de l’absurdité de ce qu’il vivait. Il courait dans l’un des plus beaux paysages de France mais avec plein de déchets partout. Il a donc voulu organiser une journée de ramassage entre amis, puis s’en est suivi une belle histoire.

En effectuant des recherches j’ai découvert des chiffres qui m’ont vraiment touché : aujourd’hui 150 millions de tonnes de déchets sont présents dans les mers et océans. C’est un chiffre inquantifiable en réalité et c’est ce qui fait peur. Il y a des décès d’animaux marins en masse tous les jours. Il y a donc une vraie transition à initier.

Cette association faisait directement écho à ce que je recherchais. En effet, je ne voulais pas une grande association, un grand groupe avec des millions d’euros, des projets internationaux mais plutôt un acteur local qui a pris conscience comme moi j’ai pris conscience, c’est-à-dire en se baladant sur le bord de mer. Clean My Calanques communique en plein cœur de Marseille, ils ont des projets impactant à échelle locale et c’est ça qui m’a plu.

Je ne cherche pas à sensibiliser les personnes déjà convaincues. C’est le second aspect qui m’a plu dans le projet de Clean My Calanques : ils se déplacent dans les quartiers défavorisés de Marseille, ils vont parler justement à ceux pour qui ce n’est pas dérangeant de jeter son plastique dans la nature, qui n’ont pas conscience de ces enjeux.

C’est donc aussi un projet social ?

Antoine Dodeller : Oui. Ils cherchent à s’adresser à ceux qui n’ont pas accès à ces informations. Ils n’hésitent pas à aller au Vélodrome de Marseille brandir des banderoles et inciter les personnes à ramasser les déchets. Ils essaient de montrer aux gens à quel point tout un chacun peut faire des actions au quotidien. L’association est suivie par de nombreux influenceurs, youtubeurs et sportifs, et c’est une très bonne nouvelle car l’association acquiert de la visibilité. Les sportifs, à l’instar des youtubeurs ou autres personnalités, ont de la notoriété et donc, selon moi, la possibilité de mettre en valeur ces sujets.

Vous êtes également soutenu par un ambassadeur…

Antoine Dodeller : Rémi Camus m’a apporté du soutien. C’est un peu le Mike Horn français : il fait des stages de survie, a fait le tour de la France à la nage, plein d’exploits de ce type. Quand je lui ai parlé du projet il a trouvé ça super, pour l’aspect environnemental mais également pour le fait que ce soit un défi familial. Pour lui, ce sont des valeurs à transmettre. Il m’a assuré qu’il me soutiendrait quand j’en aurais besoin. J’ai trouvé ça très beau.

Nous avons vu que vous utilisiez régulièrement les réseaux sociaux. Avez-vous des comptes à conseiller sur les sujets sport et environnement ?

Antoine Dodeller : Je ne vais pas parler de comptes mais plus d’entreprises que je souhaite mettre en avant. Ce sont des entreprises à impact, avec qui je travaille sur le projet, qui me soutiennent. Étant en contact avec elles, je vois bien qu’elles ont des valeurs, souhaite avoir un réel impact. Les deux que je peux citer sont NOLT et Sportingoodz. NOLT essaie de concurrencer directement les équipementiers classiques avec des maillots durables et fabriqués en Europe. Sportingoodz récupère les invendus des clubs pour les revendre à petit prix, afin de leur assurer une seconde vie.

Comment peut-on vous soutenir dans ce projet ?

Antoine Dodeller : Vous pouvez faire un don, nous proposons des contreparties intéressantes. Je voulais aussi profiter du projet pour faire vivre des associations et entreprises locales qui ont un impact. Je propose par exemple des maillots de vélo à 100 euros, mais avec le principe de réduction d’impôts cela ne coûte en réalité que 34 euros. Et sur ces 100 euros récupérés, la moitié va être réservée à Clean My Calanques, l’autre ira à des entreprises à impact ou des associations comme Sauvage Méditerranée, une association aixoise qui récupère le plastique des plages et en fait des bijoux ou des objets. Ce que je propose, c’est que chaque personne qui fait un don récupère son bijou. Je suis également soutenu par Decathlon. Je trouve ce soutien vraiment bien car ils ont également un rôle à jouer, différent des associations locales.

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Leïla Brousse
Leïla Brousse

Ecolosport le PODDCAST explore la façon dont le sport peut contribuer à la réalisation des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) de l'ONU et comment ceux-ci peuvent soutenir le développement du sport.