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Nouveaux Terrains – L’Économie Sociale et Solidaire, un modèle vertueux pour les clubs de sport professionnels ?

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Dans le cadre de notre nouvelle rubrique « Nouveaux terrains », dont le but est d’ouvrir le champ des possibles pour réinventer l’économie du sport, Jérémie Loevenbruck a accepté de répondre à nos questions avec cette problématique de fond : l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) est-elle un modèle vertueux pour les clubs de sport professionnels ?

L’Économie Sociale et Solidaire, selon le Labo de l’ESS, « regroupe un ensemble de structures qui reposent sur des valeurs et des principes communs : utilité sociale, coopération, ancrage local adapté aux nécessités de chaque territoire et de ses habitants. Leurs activités ne visent pas l’enrichissement personnel mais le partage et la solidarité pour une économie respectueuse de l’homme et de son environnement. »

Ancien sportif de haut niveau et diplômé de l’INSA en 2012, Jérémie Loevenbruck s’est très vite lancé dans l’entrepreneuriat social à Toulouse. Cofondateur de plusieurs structures de l’Économie Sociale et Solidaire (conciergerie de quartier, café associatif, tiers-lieux, SCOP conseil en stratégie d’impact, foncière responsable), l’ex-rugbyman, passé par le centre de formation de l’US Colomiers Rugby, aime faire bouger les choses pour son territoire. Entretien.

Économie Sociale et Solidaire et monde sportif sont-ils compatibles ?

Jérémie Loevenbruck : La très grande majorité des clubs sont sur un modèle associatif, donc de fait déjà dans l’ESS ! Petit à petit, une partie du mouvement sportif, notamment dans le sport professionnel, est sorti de ce modèle pour adopter une logique marchande s’éloignant des codes de l’Économie Sociale et Solidaire. Mais si on regarde de plus près, une grande partie de ces structures pourraient facilement faire la bascule et s’assumer de ce mouvement, notamment toutes celles qui ne sont pas prises dans la folie des salaires toujours plus élevés pour les joueurs, celles uniquement orientées vers la gagne à tout prix ou vers l’influence accrue de leurs sponsors et actionnaires. Dans l’ESS, la notion de limite est assez présente, sur le pouvoir et sur les rémunérations, ce qui permet ensuite d’être sans limite sur l’utilité de son action.

Les clubs sportifs, y compris de haut niveau, sont déjà pour la plupart actifs sur leur territoire, ils participent à leur attractivité en le représentant, ils permettent à de nombreuses personnes de se retrouver, se rassembler, de vivre des émotions fortes. On est ici au cœur de l’Économie Sociale et Solidaire. La compatibilité est forte.

Quand le principe de victoire est exacerbé, qu’il est mis au-dessus de tout, comme quand dans l’entreprise, l’argent devient la valeur cardinale, à ce moment-là, ça n’est plus compatible. Prenons le PSG, je pense que l’influence du Qatar sur cette entité a plus d’impact négatif à l’échelle du monde que de positif à l’échelle de Paris. Le sport de haut niveau permet au système du “toujours plus et du plus fort” de se maintenir dans les représentations et les croyances collectives, et derrière ça alimente plein d’autres problèmes contre lesquels on se bat par ailleurs dans l’ESS.

Que penses-tu des clubs professionnels qui sont devenus entreprises à mission (Aviron Bayonnais, ASVEL Féminin…) ?

Jérémie Loevenbruck : Dernièrement, on a vu sortir le statut d’entreprise à mission, qui est un peu comme si on disait qu’une entreprise était capable à la fois de générer des richesses, mais aussi d’agir sur des questions sociales et environnementales (Danone, Crédit Mutuel, KPMG, Doctolib, Backmarket…). Certains clubs professionnels commencent à adopter ce statut, ça peut être très bénéfique et c’est, je pense, un début de bascule ! Mais on voit bien qu’il existe des limites à être à la fois dans le monde de l’entreprise, et dans l’engagement citoyen, solidaire, environnemental. Avec moins d’engagements mais quand même des intentions souvent sincères, de nombreuses entreprises ont mis en place des politiques RSE, et là aussi, ont pu développer une position un peu paradoxale, parfois même complètement ambigües. Toujours plus d‘argent et de pouvoir, même compensés par des actions sociales, mènent rarement à un projet qui rend sincèrement service à son territoire ou aux personnes qui en font partie. C’est très difficile d’être dans l’entre deux, les injonctions paradoxales sont à tous les niveaux.

Quand tu te dis « de l’ESS », les choses sont un peu plus claires. Ton intention, ça n’est pas de faire du bénéfice, c’est de participer à une aventure collective, au service de besoins sociaux et environnementaux. Ça ne veut pas dire que tu es parfait, que ton action ne créé pas par ailleurs d’autres problèmes, par exemple sur la question des salaires, souvent trop faibles, ou de l’implication des gens, pas toujours très saine. L’Économie Sociale et Solidaire, c’est aussi beaucoup de rustines sur des problèmes profonds qui devraient être abordés différemment pour les résoudre, avec une approche plus systémique, en travaillant sur la cause, la racine du problème, et pas le symptôme (l’exclusion, le racisme, le recyclage, l’éducation etc..)

Aviron Bayonnais Club Entreprise à Mission Rugby Ecologie Ecolosport

Quand tu regardes les principes de l’ESS, tu pourrais te dire que le sport professionnel coche toutes les cases : faire vivre un territoire par des rencontres de gens qui ne se côtoient pas forcément dans la vie de tous les jours, susciter des émotions fortes (un titre par exemple), respecter une règle, un arbitre, jouer en équipe… Ça fait du bien… Et puis, personne n’est vraiment là pour la recherche de gains financiers, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’actionnaires de club qui aient gagné de l’argent en vendant leurs parts sociales… Au contraire, c’est souvent un puits sans fond, de la philanthropie. Sauf qu’en fait il y a quand même quelques dissonances.

Tu pourrais nous en dire plus sur ces dissonances, ces freins à la « bascule »?

Jérémie Loevenbruck : Par exemple par rapport aux salaires des joueurs (ici on ne parle pas de joueuses). Dans l’ESS, même les plus grosses structures qui comptent 10 000 salariés se limitent à un écart de 1 à 10 SMIC entre les plus gros et les plus bas salaires. C’est un débat très fort dans le milieu, notamment en ce moment, autour de l’évolution de ce seuil. Certains militent pour être plus inclusifs avec les grandes entreprises, et passer à un écart de 1 à 20. Ce n’est pas anodin car ça permettrait à plein de nouvelles structures de se dire de l’ESS, notamment certains clubs professionnels.

Mais ce qui se joue derrière la limitation de cet écart de salaire, comme d’ailleurs celui de la rémunération du capital, c’est plus une conception du monde, un logiciel de pensées, qui te permet au quotidien de prendre les “bonnes” décisions, orientées vers l’intérêt collectif, et pas vers le profit. Pour citer Platon, « le revenu de la personne la plus riche ne devait pas excéder 4 fois le revenu de la personne la plus pauvre, afin d’éviter la désintégration civile ». Je parlerais plus de « dissonance », de signaux qui tilte dans ta tête et qui te dis que ce n’est pas logique, pas cohérent. En tout cas, passé un certain seuil de rémunération, les personnes qui perçoivent trop se déconnectent de la réalité. Et comme disent les religieux, difficile de servir 2 maître à la fois, et l’argent et Dieu. On le sait tous instinctivement.

Quand tu maîtrises bien les questions environnementales, ça devient une évidence qu’une rémunération trop importante, qu’elle vienne des salaires ou du capital, est souvent mal utilisée derrière. Au-delà des possibilités de consommation forte qu’elle autorise, elle est souvent investie dans des produits financiers ou des entreprises qui peuvent vite avoir un impact environnemental important, ou avoir des conséquences négatives sur la vie des gens à long terme. Même si tu “compenses” en étant philanthrope… Aujourd’hui, quand ton bilan carbone personnel explose, ou que tu commences à avoir de l’argent en patrimoine dont tu ne maitrises pas la destination (un contrat d’assurance vie, une SCPI etc..), en fait tu es probablement en train de griller des années d’espérance de vie à tes enfants. Ça paraît dingue, mais c’est ça le sujet.

L’Économie Sociale et Solidaire replace l’argent comme un levier pour faire de belles choses. Pour moi, il devrait se manipuler avec précaution car mal utilisé, il fait des dégâts, sans qu’on le sache. Au contraire, dans l’entreprise très capitalisée, ou bien le sport de haut niveau, on en fait souvent un totem, un but à atteindre. Un peu comme la victoire à tout prix. Je ne comprends pas pourquoi des joueurs de haut niveau ne se lèvent pas contre ça, alors que certains grands dirigeant(e)s en parlent plutôt bien. Je pense par exemple à Emmanuel Faber (ex-Danone). Ça vient peut-être du fait que la plupart de ces joueurs sont jeunes, entre 20 et 30 ans, et qu’ils ne sont pas conscients de tout ça. Moi, à l’époque où je jouais beaucoup au rugby, j’étais encore étudiant, je gagnais 1500€ par mois, j’étais le roi du monde. Si on m’avait payé 10 000€ mensuellement, je n’aurais jamais refusé. Je n’avais pas conscience de ces enjeux.

Au-delà du rapport à l’argent, tu verrais d’autres freins à cette bascule ?

Quand tu vois toutes les récentes actualités sur le harcèlement ou les violences sexuelles dans le monde du sport, tu te dis bien qu’il y a un problème systémique à ce niveau. Il y a 10 ans, on ne parlait pas de tout ça. Tous ces auteurs, quasi toujours des hommes, n’avaient probablement pas conscience des effets désastreux de leur attitude sur les victimes. Tu retrouves souvent ce frein fort à la bascule dans les entreprises, et disons-le aussi beaucoup dans l’ESS. Ce sujet des rapports de domination, voire d’oppression qui se jouent entre les dirigeants, les actionnaires, et les salariés dans l’entreprise, ou bien quand on parle du sport, entre les présidents, les grands sponsors, les entraineurs, les salarié(e)s du club et les joueurs, tout ça n’est que très peu conscientisé. Ça empêche de vraiment se mettre en marche vers un projet sincère de territoire, ou bien quand tu es déjà dans l’ESS, d’aligner le discours et les actes.

Beaucoup d’hommes de plus de 30 ans sont très loin de comprendre ce qui se passe et reproduisent des schémas patriarcaux, virils, qui étouffent beaucoup. Le sport de haut niveau, c’est aussi ça. Moi-même, à 38 ans, j’ai pris conscience il n’y a pas longtemps de tous ces enjeux de rapport de domination et des conséquences que cela pouvait avoir. Je pars de loin. Et quand tu te rends compte a posteriori que tu as dû faire des dégâts, ce n’est pas évident. Mais ça se traverse.

Quand tu creuses la question environnementale, tu vois plein de similitudes entre ce sujet de la domination des hommes et l’exploitation sans limite de notre planète. Le côté très conservateur du sport reste donc un vrai frein à toute cette bascule.

Tu as évoqué à plusieurs reprises l’importance des limites, tu peux nous en dire plus ?

Le sport sans limite, il alimente tout ce dont je viens de parler : l’influence des sponsors, la concentration des pouvoirs au sein d’un club… Déjà, sur la « victoire à tout prix ». Je fais vraiment le parallèle avec l’ « argent à tout prix » dans le monde de l’entreprise. C’est vraiment une impasse. Dans le rugby amateur, à l’époque, certains préféraient déclencher des bagarres et rentrer dans l’intimidation plutôt que de perdre. Fixer des limites, des seuils très clairs à cet endroit me semble clé.

Dans le sport pro, ça passe par exemple sur l’attention qu’on donne aux joueurs sur leur santé, leur corps, qui est leur outil de travail. Ne pas tirer toujours plus sur la corde. J’ai personnellement vu des choses indécentes, et c’est d’ailleurs souvent le joueur lui-même qui pousse sa machine trop loin, pousser indirectement par l’entraineur, la gouvernance, par le culte de la compétition. Ça peut aussi passer par des sanctions aux supporters trop virulents, ou éviter de recruter un joueur à un salaire trop fort, s’abstenir d’embarquer un sponsor désaligné en terme de valeurs ou encore mettre forcément à la tête du club celui qui fait le plus gros chèque. Il existe un salary cap dans le rugby mais ce dernier est détourné par des contrats parallèles, parfois à l’étranger.

Jérémie Loevenbruck – © Les Halles de la Cartoucherie

Imaginons  juste la puissance de l’idée de plafonner la rémunération de tous les joueurs, comme ça se fait dans l’ESS avec les plus hauts salaires, ou bien dans l’administration publique. Je pense qu’il s’agirait de la meilleure idée que le monde du sport pourrait mettre en place, car ça aurait des conséquences en cascade à tous les étages.

Une autre limite que j’aime bien, c’est celle du « mérite ». Je vois des liens assez forts entre le culte de la compétition, et la notion de mérite, celui qui travaille dur devient une star et mérite sa place, sa rémunération. Depuis que je m’intéresse un peu plus aux sciences humaines et sociales, j’ai sacrément déconstruit ce schéma chez moi. Dans l’Économie Sociale et Solidaire, on parle beaucoup plus de coopération, et moi ça m’a parlé venant des sports d’équipe. Je ne dis pas qu’il faut abolir totalement la compétition, tout comme la recherche de moyens financiers, ou le fait de parler d’argent. On devrait juste y mettre des limites. La finalité ne devrait pas être la victoire en elle-même selon moi. Gagner un titre est une étape pour atteindre un objectifs plus large, plus connecté au territoire, au projet collectif.

Quels en seraient les avantages ?

Comme déjà dit, la plupart des clubs et événements sportifs ne sont pas rentables. Pour les actionnaires, ils investissent souvent à perte. Au mieux, le seul retour sur investissement est de la communication ou de l’influence. Ce sont souvent des grosses entreprises qui viennent avec un statut de « mécène » ou en qualité d’actionnaires majoritaires, mais elles rendent le modèle économique de la structure peu pérenne et peu autonome. Quitte à avoir de l’influence, et une image, autant qu’elle soit positive et qu’elle répondre aux besoins de la société d’aujourd’hui. Et je pense qu’aller dans le sens de l’ESS renforce fortement l’image de la structure.

Pour le club, c’est surtout un projet qui permet d’attirer de nouveaux partenaires qui se reconnaissent dans ces valeurs. Sauf qu’à court terme, si on s’engage vraiment, on pourrait par contre être amené à repousser des sponsors désalignés, et donc perdre de l’argent. C’est donc un positionnement fort, un investissement, certains diront un pari sur l’avenir. Le recours au financement participatif peut aussi être un levier économique qui permet d’être plus indépendant. De par son rôle social, de nombreuses personnes seront prêtes à soutenir la structure. Sous condition de le faire par conviction et de ne pas y aller avec le dos de la cuillère, il y a de quoi créer une identité très forte et innovante. Imaginons qu’ils y aient des joueur(se)s militant(e)s, c’est probablement une bonne manière de recruter ce type de profils qui resteront plus longtemps dans le club, qui s’investiront plus, au-delà de leur fonction première de sportif(ve). Je pense qu’en terme d’ambiance, ça impacte beaucoup.

S’engager sincèrement sur les chemins pris par l’ESS, c’est tout simplement coller aux attentes de notre société d’aujourd’hui. C’est surtout se réaligner, se sentir plus à l’aise dans ses baskets, arrêter d’en vouloir toujours plus, d’être pris dans des logiques de pouvoir et d’argent sans fin. C’est juste passer son temps sur des choses qui nous touchent au quotidien, nous parle vraiment, à tous les étages.

Quels sont les leviers d’actions ?

Sur la question des finances, souvent le nerf de la guerre, l’un des chemins pris par l’ESS est d’aller chercher directement l’argent des citoyens. Tu prends des structures comme Terres de liens ou Habitat et Humanisme, tous les ansn elles lèvent plusieurs millions d’euros. Les gens ont des avantages fiscaux, mais surtout ils deviennent co-propriétaires d’un projet qui a beaucoup de sens. Avec mes associés, nous avons opéré de la sorte à plusieurs reprises, que ce soit pour Palanca, Bellevilles et prochainement avec les Halles de la Cartoucherie à Toulouse. On va d’ailleurs aussi chercher les financements de ceux qui ont intérêt à partager ce genre de dynamique : les financeurs solidaires, les collectivités via des subventions ou des appels à projet, les mécènes… En tout cas c’est important de se donner les moyens pour agir vraiment.

Les clubs pourraient très bien faire la même chose et ouvrir leur capital à leurs supporter(rice)s, ou bien à leurs salarié(e)s, des joueur(euse)s, des licencié(e)s, des habitant(e)s de la ville, ce qui ne peut que créer une dynamique positive où chacun s’investit encore plus dans la vie du club. Ça veut donc dire qu’on partage aussi un peu le pouvoir avec tous ces gens, ou du moins on s’engage à leur rendre des comptes. En tout cas, on ne peut pas attirer tous ces gens sans un minimum de transparence, sans des intentions et des pratiques très claires, et sans cohérence. Tu ne peux pas demander 1000€ à un supporter s’il sait qu’il va surtout contribuer à payer le salaire démesuré d’un joueur qui partira l’année d’après pour un club plus offrant.

Le modèle des Socios de Barcelone peut se rapprocher de l’Économie Sociale et Solidaire, bien que ces fans soient tellement pris dans leur passion qu’ils acceptent justement les salaires mirobolants des stars. Ils doivent surement se dire que le système est fait comme ça, et qu’ils ne pourront pas le bouger. En tout cas, j’ai cru comprendre qu’ils avaient une vraie influence.

Un autre exemple concret à Toulouse, ce sont les Amis du Stade Toulousain qui ont une certaine influence sur les décisions prises. On dépasse ici l’aspect financier en donnant la parole à des personnes fortement attachées au club, à ses valeurs, à son passé et aussi son avenir.

Quel est le point clé pour qu’un club réussisse un tel changement?

Déjà, on pourrait parler du contexte du changement. Si je pars de mon vécu, et au-delà du moment de la création de l’organisation où on pose les bases de l’ADN du projet, c’est au cours des crises que le groupe traverse qu’on voit des changements profonds se réaliser. Dans l’entreprise, souvent la crise est économique, déclenchée par la perte d’un client-clé, le changement des règlementations, des difficultés de financements ou de recrutement, etc… Souvent, ça n’est pas le grand soir où tout change, tout ça prend du temps. En tout cas, ça se joue quasi tout le temps au travers de personnes clés qui rejoignent l’aventure, du fait d’un contexte favorable, et qui insufflent une nouvelle dynamique.
Ces personnes-clés maitrisaient donc déjà le sujet dans leur vie passée, ou bien leur expérience de vie faisait qu’elles y devenaient de plus en plus sensibles. Le déclic peut venir d’une rencontre, ou d’un changement de vie personnel, en tout cas, ces personnes se rendent compte à ce moment qu’elles ont plus à y gagner qu’à perdre ! Pour un club professionnel, j’imagine que ça pourrait venir d’un(e) nouveau(lle) président(e), d’un gros sponsor, des entraineurs, des joueur(se)s leader, du ou de la maire de la ville ou bien des ancien(ne)s qui restent au club et qui sont reconnu(e)s.

Et sur LA pratique à engager ?

De mon côté, je vis plus des créations de projet que des changements d’organisation. Mais si je prends l’exemple des Halles de la cartoucherie, on pourrait dire que la première version du projet a évolué en cours de route, ou du moins s’est clarifié dans ses intentions. Et je dirais que le changement est venu des limites que l’on s’est imposées et qu’on a formalisées. Déjà des limites aux rémunérations, à l’argent qu’on serait capable de gagner sur un projet comme ça. Mais aussi aux pouvoirs qu’une seule personne pouvait détenir. On a, à un moment, rééquilibré les pouvoirs, en étant plus dans le partage entre plusieurs personnes.

On s’est aussi fixé, sans trop se le dire, des cadres de collaboration, notamment dans le fait de pouvoir se dire les choses, vraiment et sans tabou, de pouvoir dire ses propres limites. Pour tout un tas de raisons, on n’allait pas jusqu’à être fluide dans l’expression des émotions, mais je trouve qu’à cet endroit on progresse tous les jours. En tout cas, sur le point de se dire les choses, en transparence, on l’avait posé dès le début du projet, donc ça n’a pas été un changement, c’est donc peut être une condition première et antérieure au fait de fixer des limites.

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