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Rétro 2020 (5/6) – Le mouvement sportif engage sa transition énergétique

L’année 2020 se termine, l’occasion pour Ecolosport de faire une série rétrospective autour de 6 thèmes piochés dans la Charte des 15 engagements éco-responsables : innovations, sensibilisation, alimentation, déchets, énergie et mobilité.

Rétro 2020 (5/6) – Dans ce cinquième épisode, Ecolosport fait un zoom sur la transition énergétique des infrastructures et organisations sportives.

En croissance permanente depuis plusieurs années, les énergies renouvelables s’intègrent désormais dans les plans d’aménagements et de développement des infrastructures sportives. Clubs, événements, salles de fitness… leur transition énergétique s’accélère !

Les clubs veulent montrer l’exemple

« Une chaudière biomasse est installée et opérationnelle depuis quelques mois maintenant au centre d’entraînement. Elle assure, par le biais d’un réseau de chaleur propre, la production d’eau chaude sanitaire ainsi que le chauffage des bâtiments et des terrains d’honneur du site. Elle est alimentée par des plaquettes de bois provenant de forêts gérées durablement et situées dans un périmètre maximal de 50km autour de Marly » nous expliquait récemment un membre du FC Metz. En complément de ces actions, le club de football lorrain a également planifié l’installation de panneaux photovoltaïques. À l’autre bout de la France, le FC Lorient s’appuie sur son partenaire Karrgreen (spécialisé dans les énergies renouvelables) pour réduire son empreinte carbone et amorcer sa transition énergétique. Récupération des eaux de pluie, panneaux solaires, bornes de recharge pour les véhicules électriques au centre d’entraînement sont les premiers résultats de cette collaboration.

Mais les avancées les plus significatives en matière d’énergies à faible impact se trouvent probablement chez nos voisins anglais. À titre d’exemple, Arsenal ambitionne de devenir le premier club de Premier League à passer à l’électricité 100 % renouvelable. Il faut dire que les résidents de l’Emirates Stadium sont avant-gardistes, puisqu’ils ont déjà installé un système de stockage de l’énergie par batterie dès 2018. De l’éclairage du terrain jusqu’aux chasses d’eau des vestiaires, l’ensemble de la consommation énergétique sera d’origine durable.

On citera aussi le club de Forest Green Rover, élu « club le plus écologique du monde » par la FIFA il y a quelques années ! Présidée par Dale Vince, le fondateur d’Ecotricity, un pionnier de la fourniture d’électricité 100% verte outre-manche, la formation évoluant en 4ème division a obtenu cet été le permis de construire pour son Eco Park, un stade et un complexe flambants neufs qui devraient rapidement devenir une référence en terme de structure éco-responsable.

Toutes les entités citées sont professionnelles mais le secteur amateur n’est pas en reste dans cette transition verte. Par l’intermédiaire d’un partenariat avec Reservoir Sun, la Ligue Occitanie de Rugby planifie de solariser 400 stades. « Nous avons créé un produit dédié, la pergola solaire : elle produit de l’électricité, protège les spectateurs de la pluie et permet aux buvettes et autres stands d’avoir une alimentation électrique » nous avait expliqué Mathieu Cambet, le Président de la société.

Les énergies vertes, nouvel enjeu pour les événements sportifs internationaux !

En termes d’événement éco-responsable, Roland Garros fait figure d’exemple en devenant la première manifestation sportive de dimension internationale à être certifiée ISO 20121 (système de management responsable appliqué à l’activité événementielle) ! Le nouveau site, alimenté à 100% par une électricité d’origine renouvelable, est désormais équipé de détecteurs de mouvements pour l’éclairage, de l’arrosage automatique ou encore d’un système de récupération d’eau. Et d’autres travaux d’aménagements devraient être lancés dans les prochaines années tel que l’expansion du parc de panneaux photovoltaïques déjà présents sur 2 zones du complexe sportif.

Autre exemple d’événement majeur qui affiche une politique environnementale ambitieuse : les Jeux Olympiques de Paris 2024. Le village olympique se veut être une véritable vitrine en matière d’innovation et de durabilité. Ainsi, le complexe sera alimenté par des groupes électrogènes dit « propres ». Cette offre viendra compléter un système de chauffage à énergie, là aussi, 100% naturel (chauffage biomasse, panneaux photovoltaïques et système de pompage/turbinage de la Seine).

L’effort physique comme source d’électricité verte !

Mi-décembre, nous avions mis en lumière les salles de gym Genae Fitness. Le groupe s’est développé sur un nouveau modèle économique, l’écolonomie, dont le credo est : « Il est plus économique de produire de manière écologique. »

À travers ce concept novateur, le fondateur Emmanuel Druon souhaite valoriser l’énergie produite par la pratique sportive. Il est ainsi prévu d’installer des sols à récupération d’énergie de la marque Pavegen : les dalles seront équipées de capteurs électromagnétiques qui transformeront la pression mécanique en énergie. De plus, un partenariat a été conclu avec l’entreprise française Cyclo Power Factory, qui commercialise des vélos et rameurs transformant le travail physique en électricité. Produite par les utilisateurs, elle est ensuite directement autoconsommée par le site où sont implantés les équipements. Cerise sur le gâteau, le gain financier réalisé par l’établissement est reversé à des associations de lutte contre la précarité énergétique.

Dans la même lignée, la société américaine The Green Revolution, a modernisé le système de dynamo en permettant de stocker l’électricité générée par le pédalage des vélos. Une idée ingénieuse quand on sait qu’en une semaine, 80 personnes peuvent générer 300 kW, l’équivalent de 6 mois de consommation électrique pour une maison. Toujours aux États-Unis, les salles de gym Green Microgym s’auto-alimentent en électricité verte grâce aux efforts fournis par leurs adhérents, qu’ils soient sur des vélos ou sur un banc de développé-couché.

Nombreux sont les acteurs du mouvement sportif qui ont décidé de faire la part belle aux énergies renouvelables et qui ont amorcé une transition énergétique. Des engagements qui leur permettent de lutter contre le réchauffement climatique tout en réalisant des économies via l’optimisation et l’auto-alimentation de leurs besoins énergétiques.

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Eddy Klemenczak
Spécialisé dans le secteur de l'événementiel, passionné de sport et engagé dans la protection de l'environnement au quotidien, je suis convaincu que le mouvement sportif, de part sa capacité à rassembler et à influencer, se doit d'être un acteur majeur de la transition écologique.

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